Comment Michael Fassbender a détruit ma vie et ma crédibilité

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Lorsque l’on est une jeune femme taquinant la plume (et au sens propre: oui, Messieurs Dames, à notre époque de pixellisation 2.0, j’écris encore tout à la plume), se faire courtiser par La Tache et La Fille pour se joindre à une équipe de chroniqueurs désaxés relève de la jubilation la plus sincère et égocentrique. La chose étant faite et approuvée par le reste de l’équipe (… ou pas en fait… j’ai comme un léger doute à ce sujet…), je me devais bien évidemment de livrer le papier le plus impeccable et pertinent, le plus juste et spirituel possible afin de justifier mon appartenance à cette élite à qui l’on donne une tribune pour clamer tout haut ses opinions forcément plus intéressantes et plus judicieuses que celles des autres puisqu’on a pris la peine de vous mettre sous un projecteur, quand bien même celui-ci serait biscornu, n’est-il pas? De toute façon, le simple fait que je vienne de faire une phrase de 100 mots doit bien prouver quelque chose au sujet de mon intellect - je ne sais pas quoi au juste, mais je suis sûre que c’est très pertinent. 

Donc disais-je, je suis tout à fait capable de dire des choses intelligentes, et ce n’est même pas moi qui l’ai dit. Me voilà donc lancée dans une recherche essentielle qui prédestinera très certainement l’ensemble de ma vocation éditoriale au sein de cette équipe que j’aime déjà de tout mon cœur. Attention, c’est important car le monde entier me regarde : de quoi vais-je dont parler ? 

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Après tout je suis une lettreuse érudite. Je vais bien trouver quelque chose à dire sur le motif de l’eau chez les symbolistes, les suicides dans la tragédie classique ou les paradoxes de l’ironie voltairienne.

 

Et c’est à ce moment précis que ma vie s’est effondrée. 

(Pour être honnête, tout cela avait commencé il y a quasiment 6 ans, au détour d’un slip en cuir.)

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Celui-ci, pour être tout à fait exacte. Ma souris en tremble encore.

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Ce qui de face donnait ceci.

Sur le moment je n’y avais pas prêté attention plus que cela. J’étais fatiguée, le film était mauvais et, si ma mémoire est bonne, je venais de me faire larguer donc j’étais en grand besoin d’abdominaux luisants. J’ai oublié ce charmant torse dès ma sortie de la salle de cinéma, en n’ayant même pas pris soin de regarder son nom au générique (en même temps, comment retenir le nom de personnages dont les dialogues se résument à des éructations testostéronées). Je ne savais pas encore.

Je ne savais pas que 6 ans plus tard, à la recherche d’un premier sujet hautement passionnant et révolutionnaire, j’ouvrirais mon historique de recherche pour trouver des choses que la pudeur et la terreur qu’un membre mineur de ma famille tombe un jour sur ce texte m’empêchent de vous faire partager. Laissez-moi juste résumer la chose de cette façon : 

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Navrée, mais j’ai dû laisser le drap. 

 

Je vous épargne les intitulés de mes recherches Google, certains m’ont fait mal aux yeux à moi-même, malgré que j’y aie trouvé de forts étranges choses.

Vraiment? C’est donc la seule chose que cette bécane binaire trouve à me dire? Tu mens, ordinateur de mes fesses, j’ai des intérêts très élevés, culturels, politiques et autres, vomis ton historique et prouve-le! 

… Oh… À ce point-là?

Arrivée là, je suppose qu’il est de mon devoir de reconnaître (étape 1 des 12 étapes de la sortie de dépendance) que je suis impuissante et dépourvue de toute volonté à la simple évocation de Son Nom (parce que depuis je l’ai cherché dans les génériques, parfaitement). Et à la vision n’en parlons pas, cela devient un sujet littéralement glissant. 

Bien sûr ce n’est pas sale (enfin si, un peu), et même ma douce moitié, s’étant fait la même réflexion que George Clooney, parait s’être fait à l’idée. D’autant plus que je suis bien loin d’être la seule dans mon cas, si j’en juge les articles à haute teneur hormonale qui fleurissent semaine après semaine sans discontinuation depuis plus d’un an. 

Et mon honneur dans tout ça ?

Il est perdu au fond de ma lingerie encore un peu humide (pardonnez-moi, mais je viens de voir Prometheus, et ne comprends toujours pas comment personne n’a encore pensé à inventer un culte dédié à l’inventeur de la combinaison en latex). 

Je pourrais penser à parler de la grève étudiante, du Moyen-Orient, du gaz de schiste (en fait non, je ne pourrais pas parler des deux derniers), mais non. Je ne pense qu’à des fesses germano-irlandaises. 

Comprenez-moi aussi, et regardez-la, cette mâchoire taillée à la serpe, toujours en retard de 2 jours de rasage (mais attention, pas du dérapage pileux contrôlé façon minet insipide, du vrai poil d’homme qui se vient de se lever et a autre chose à faire), ces lèvres toujours semi-entr’ouvertes, ces yeux de viking, et de manière générale, cette odeur de sexe qui accompagne le moindre de ses mouvements. 


C’en est indécent.

Et donc je ne sais plus comment terminer cet article sans m’attirer une scène de ménage. 

Comment en suis-je arrivée là ? Je ne sais pas, au début on m’a demandé d’écrire un texte de 300 à 500 mots, et j’en suis à plus de 1000 et n’ai parlé de choses qui n’intéressent que ma petite culotte. Je vais me faire virer de La Diago avant même d’avoir commencé à y travailler. Je blâmerai Fassbender (et ses jeans ajustés, et ses cols de chemises déboutonnés, et son rictus aguicheur cochon), comme il m’arrive trop souvent de le faire depuis des mois dès que je dois bosser et que je me laisse distraire par quelque chose de vachement plus intéressant. Et pour me consoler, je ferai des recherches Google tendancieuses, que je ne partagerai pas. Fassbender a fait de moi une adolescente lubrique, qui tapisse ses toilettes avec des photos de Magneto.

Une idée pour un rehab propre et sans giclures ?