Pandémie

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... ou comment Contagion m'a marqué plus que beaucoup de films que j'ai vu dans les 5 dernières années.

Il n’y a pas longtemps, nous avons atteint la barre des 7 milliards d’êtres humains sur Terre. En 2025, nous serons 8 milliards (Wikipedia ferme dans quelques heures, je voulais en profiter pour transmettre le plus d'info possible!) Il y a donc des fortes chances que, toi lecteur, tu vives dans une zone urbaine, reliée à une métropole majeure à moins de 6 heures - et ça c'est si tu n’habites pas déjà ladite métropole. Tu croises plusieurs milliers de gens par semaine et tu te touches le visage environ 3000 fois par jour. Un virus qui assassine en 4 jours éclot à Hong Kong – of all cities ! – Laurence Fishburne se retrouve dans un bon rôle, rien ne va plus, c’est une catastrophe globale. C’est Contagion de Steven Soderbergh.

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J’aime les films choraux, j’aime les catastrophes, j’aime la science et, comme tout le monde à La Diagonale, j’adore Kate Winslet. Contagion épouse donc la majorité de mes préférences en matière cinématographique. Au diable l’objectivité, ce film est grand. Ce film est grand parce qu’il te fait oublier le cinéma.

Je m’explique. Il y a deux types de grands films, à mon sens: ceux qui sont tellement bien que tu veux rentrer dans le film pour vivre dans son univers et ceux qui te font oublier le film devant toi pour te poser la question, minute après minute, «qu’est-ce que tu ferais à la place des personnages?»

C’est vrai, n'empêche, qu’est-ce que je ferais si un virus comme le MEV-1 éclatait et se répendait? Serais-je capable de garder ma rationalité? Lesquelles de mes aptitudes me serviraient? Qui contacterais-je en premier et pourquoi? Et surtout, où retrouverais-je l'équivalent de Kate Winslet - parce que son personnage dans le film est beaucoup trop beau et courageux et fait la bonne chose à faire, etc. Ce sont des questions qui valent la peine d’être posées, et Soderbergh, grâce à son cinéma qui pose ce genre de questions concrètes, montre que les gestes sont importants et qu’ils ont des répercussions tangibles. Rien de très original, vous me direz. Mais parmi les nombreux films que j'ai vus, peu m'ont causé cette petite peur d'autrui en rentrant dans un bus bondé, ensuite. C'est la première fois que je ressens de manière aussi limpide cette capacité d'un film à s'effacer devant moi pour créer une réflexion constante. À ce jour, seul le medium photographique avait été capable de me rapprocher de moi même ainsi.

Soderbergh n’est pas sans opinion. Jusque dans la conception scientifique du film, il prend le parti de la rationalité. C’est un film montrer à ses amis qui croient que les vaccins sont un mensonge des entreprises pharmaceutiques. C’est un film à porter sur soi, après l’avoir vu. Il n’est pas question de tomber dans la paranoïa facile que peut causer un récit réaliste qui contient 26 millions de mort.  Il est plutôt question de réfléchir à la réponse qu'aurait la question suivante: comment est-ce que je protègerais ma fille d’une catastrophe?

Ressentir parce que, parfois, on ne peut que ressentir quelque chose de rationnel. 

 

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Wesley Snipes.

Wesley Snipes.