À la défense de Steve Jobs

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Il fallait attendre quelques semaines avant d'en parler. Le décès de Steve Jobs, bêtement prévisible et bêtement surprenant, aura donné lieu à une panoplie de commentaires variés, parfois dithyrambiques et parfois péjoratifs. Qu'importe la nature des commentaires, ils étaient proférés sans recul - à l'image de l'achat des nouveaux produits Apple à leur jour de sortie. Faut dire que le décès de Jobs est arrivé à un point étrange de l'actualité: l'économie mondiale est en peine, mais Apple fait figure de modèle; Occupy Wall Street lance son mouvement avec le 99% vs 1%, alors que le CEO le plus populaire nous quitte. Au Canada, le décès de Jack Layton, beaucoup trop similaire, aurait dû mieux nous préparer. 

Malheureusement, tout ce qu'on dit sur Jobs est devenu politique. Comment oser aimer un multi-milliardaire? Comment détester un si grand inventeur?

Steve Jobs n'était pas un saint. Il faut être niais pour le considérer comme tel. D'ailleurs, personne ne l'est. Il faut être niais pour considérer qui que ce soit comme saint. Alors que les critiques d'Apple et de Jobs se sont donné à coeur joie de nous rappeller les côtés sombres de la compagnie, Blankfein évite une balle de fusil grosse comme mon poing, les vendeurs d'armes continuent à vendre leur armes et l'industrie de l'alcool continue à rouler... De toute les industries dans le monde, est-ce celle de l'informatique qu'il faut pointer du doigt? Personne n'a jamais été forcé d'acheter un iPhone...

Qu'importe, Apple a été dans ma vie depuis mon enfance. Il m'a permis tellement de choses que je ne peux pas croire que Steve Jobs est une figure négative du 21ième siècle. Si ça fait un mouton de moi, tant pis. Je me permets toutefois un petit exercice; je pense qu'il résume très bien l'héritage concret de Steve Jobs. Il va ainsi:

Ce que je peux faire grace à Apple (que je ne pouvais faire avant l'arrivée, ou que je pouvais faire, mais dans une mesure beaucoup plus minime):

  • Monter un film en temps réel pour un prix moindre.
  • Éditer et organiser mes photos pour mieux les imprimer, pour un prix moindre.
  • Avoir accès au plus gros magasin de musique au monde, avec des prix ridiculement abordables, en tout temps.
  • Construire un catalogue massif de musique dans un même lecteur.
  • Écouter ce catalogue massif en tout temps, tout moment.
  • Idem pour les films, les podcasts, le sport et les émissions télé.
  • Télécharger des applications qui me servent de manière concrète (et d'autres, moin concrète).
  • Créer des applications qui serviront de manière concrète (ou moins).
  • Envoyer des photos sur le cellulaire de mon pote à Paris.
  • Critiquer Steve Jobs.
  • Économiser 8 tonnes de papier par jour, ne serait-ce que par la diminution du courrier écrit.
  • Écrire pour La Diagonale.
  • Ne pas avoir à comprendre les détails compliqués de l'informatique et de la programmation pour s'en servir, ce qui est un gain de temps incroyable.
  • Organiser, calculer, écrire mes projets dans des documents qui sont sécurisés dans un seul et même lieux; et pouvoir facilement transporter le projet, d'un endroit à l'autre, via internet, ou un ipod.
  • Être connecté au plus gros réseau d'échange d'informations de l'histoire de l'humanité, dans un café, à 2 heures du matin.

Ça me suffit pour ignorer les critiques. Steve Jobs a construit quelque chose d'immense. Point barre.

La construction est plus importante que la critique.

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