C'est dur d'être un fan du Canadien...

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Chaque année, c’est la même chose. Après trois longs mois d’été, l’arrivée de la saison de hockey est toujours la bienvenue. Et avec la nouvelle saison arrivent les nouveaux espoirs :

« Peut-être que cette année, Price va se mériter le Vézina ET le Hart. Peut-être que cette année, Gomez va faire 75 points. Peut-être que cette année, c’est la bonne, celle qui sera couronnée par une parade (lire ici émeute) sur la rue Sainte-Catherine! » *

Puis vient le premier match. Toujours contre Toronto. Souvent, une défaite. Désespoir :

« Le Canadien va finir au fond de sa division. De sa conférence. De la ligue! Jacques Martin ne sait pas coacher. P.K. Subban n’est qu’un bon à rien. Gomez est payé trop cher! » (Remarquez, cette critique tient la route même lorsque le CH est à son meilleur.)

Être un fan du Canadien, c’est être très familier avec les cinq étapes du deuil. Vous connaissez? C’est la psychiatre américaine Elisabeth Kübler-Ross qui a défini ces cinq étapes, qui représentent parfaitement le cheminement psychologique de tout être humain endeuillé. Pour nous aider, fions-nous à notre bon ami Wikipédia.

1- Choc, déni : cette courte phase du deuil survient lorsqu’on apprend la perte. C’est une période plus ou moins intense où les émotions semblent pratiquement absentes. La personne affectée peut s’évanouir et peut même vomir sans en être consciente. C’est en quittant ce court stade du deuil que la réalité de la perte s’installe.

Pour un fan du Canadien, une perte contre l’ennemi juré qu’est Toronto est toujours un choc. À sa sortie du bar/Centre Bell/salon où il a assisté à ce triste événement, le fan ne comprend pas vraiment ce qui vient de se produire :

« Comment Cammalleri a-t-il manqué ce filet désert? Pourquoi Andrei Kostitsyn continue-t-il de récolter d’aussi mauvaises pénalités? Qui est Chris Campoli, et pourquoi se blesse-t-il au premier match de la saison? »

Les évanouissements/vomissements sont souvent attribuables à la Molson Ex ingérée pour faire passer le mauvais moment.

2- Colère : phase caractérisée par un sentiment de colère face à la perte.

« Le Canadien et moi, c’est fini! Je n’en veux plus, de cette équipe de m****. Je prends pour les Kings maintenant, et allez tous c****! En plus, de toutes façons, Toronto va quand même finir plus bas au classement que le Canadien! »

3- Marchandage : phase faite de négociations, chantages…

« As-tu entendu la dernière rumeur? P.K. Subban, Travis Moen et un choix de 7e ronde en 2015 contre Evgeni Malkin. Avec ça, on est certain de gagner! »

4- Dépression : phase plus ou moins longue de processus de deuil qui est caractérisée par une grande tristesse, des remises en question, de la détresse.

« Les belles années sont derrière nous. Il n’y aura plus de coupe Stanley à Montréal. Les Richard, Lafleur, Béliveau, Roy, c’est fini. C’est peut-être mieux comme cela, dans le fond. Ça va me permettre de m’intéresser à d’autres sports comme… le soccer? Tsé, l’Impact passe en MLS l’an prochain… »

5- Acceptation : dernière étape du deuil où l’endeuillé reprend du mieux. La réalité de la perte est beaucoup plus comprise et acceptée. L’endeuillé peut encore vivre de la tristesse, mais il a retrouvé son plein fonctionnement. Il a aussi réorganisé sa vie en fonction de la perte.

« Ha! La prochaine partie, c’est contre les Jets de Winnipeg! Les Jets! Ils n’ont aucune chance. À nous la victoire! Les séries! La Coupe! Le MONDE! »

Être un fan du Canadien, des Maple Leafs, des Red Sox, de Manchester United ou des Harlem Globetrotters, c’est vivre un deuil à chaque défaite, et une exaltation à chaque victoire. Et c’est ça qu’on aime.

* Toutes les citations ont probablement été prononcées par moi-même un jour où l’autre. Je n’étais peut-être pas en pleine possession de mes moyens...